Arrivée à Delhi dans la moiteur, la foule et sur une route d'aéroport...non carrossée, au milieu de la foule, des vélos, des vaches, du bordel....Bienvenus en Inde.
Notre havre d'adaptation sera le minivan de 9 places climatisé que nous avons rien que pour nous, avec chauffeur et guide. Pour cette dernière étape, nous avons choisi de voyager comme des Rajahs
avec nos poupettes, et en fait ça facilitera pas mal les heures de route : les filles peuvent s'allonger intégralement pour dormir, et la climatisation nous permettra de rester en vie après
les visites de temple sous 40° avec des poupettes virant rapidement à l'écarlate malgré écran total, lunettes et chapeaux.
1ère étape : Udaïpur, la ville au lac et aux palais (revoir
Octopussy pour rêver du palais du lac) sauf que nous quand on arrive, pas d'eau dans le lac, mais de grandes prairies. C'est très beau quand même.
On savoure notre première immersion dans les rues avec les vaches qui vous frolent, le palais somptueux qui surplombe la ville. Et puis les gens, les gens, les gens ! Souriants, sympas,
adorables, toujours plus intéressés par nos filles (Etienne fait figure de nabab dans le coin, avec 3 filles, un gars qui peut assumer 3 dots, doit être richissime...pas simple pour commencer les
négociations). Nous cotoyons ces femmes aux saris multicolores, ces écoliers en uniformes, et aussi les mendiants difformes aux abords des temples. Nous tentons d'expliquer aux filles...pas
simple. Nous devons nous battre avec Maylis qui ne comprend pas pourquoi nous ne donnons pas aux pauvres dans la rue, mais persistons à lui expliquer qu'il vaut mieux donner au temple qui
redistribuera plus équitablement. Vrai confrontation directe et sans filtre avec la misère humaine urbaine (et encore ce n'est pas un bidonville, c'est la riche Udaïpur!).
2ème étape : Jojawar, ne cherchez pas, cet patelin n'apparaît à aucun endroit sur les cartes. Peut-être sommes-nous dans un espace spacio-temporel parallèle, mais ce coin semble
hors du temps. Nous logeons dans le palais du Maharadjah local qui nous accueille, et nous sommes les seuls dans son palais. Tout le personnel rien que pour nous, et ils sont adorables. Le palais
est au centre d'un village, et l'une des spécificités du coin sont les chevaux à oreille pointue. Donc ballade au soleil couchant sur les canassons déguisés en elfes.
L'autre fait marquant de cette étape est surtout le "train
safari". Notre Maharadjah nous emmène dans sa Jeep antédiluvienne (coiffé de ses Ray-bans et de son Stetson !) pour prendre le train à la gare, au beau milieu des indiens avec leurs enfants, pour
1h30 de voyage (26km) dans les montagnes locales.
Cela restera un souvenir fort, car nous sommes dans le train avec les gens, en tant qu'attraction locale, tout le monde vient papoter avec nous, voir nos filles, on se prête les bébés...c'est
vraiment un grand moment d'échange et de convivialité. Le Maharadjah nous avait prévenu, "on monte dans le train sans connaître personne, et quand on en descend on a l'impression de quitter des
amis". Après avoir donné de petites peluches à des enfants d'une famille avec laquelle nous avons "échangé" (3 mots mais de nombreux sourires), la maman des enfants me donne une petite
bague d'argent...ça me remue, et je peux vous garantir que cette bague ne me quitte plus depuis.
Episode poilant avec les singes d'une des stations qui guettent le train pour s'accrocher aux wagons et demander des gateaux aux voyageurs.
Nous crevons de chaud dans ce wagon, mais tout le monde est d'accord pour trouver la ballade extraordinaire.
3ème étape : Bijaïpur
Là on reste scotchés au palais du Maharadjah pendant 2 jours (c'est le beau-frère du Maharadjah de Jojawar), et cette fois c'est Etienne et moi qui sommes un peu en vrac (j'ai fait l'erreur
de manger une salade verte...l'erreur de base). Mais le palais est somptueux et là encore nous l'avons rien que pour nous la première journée.
Piscine conséquente, et surtout cours de yoga par le maître les lieux (maître de yoga aussi) le
matin à 7h avec vue sur le lever de soleil sur la montagne. Promis en rentrant je me mets au yoga.
4ème étape : Bundi
Charmante petite ville enclavée dans une vallée, la chaleur est
insupportable, le temps est lourd et l'hotel n'a pas de piscine ! Je suis proche de la liquéfaction et les filles aussi. Etienne tient le coup.
La ville est géniale, tout se fait à pied, le palais est en ruine (occupé par les chauves-souris le jour et les singes la nuit, d'où une odeur pestilencielle), mais regorge de peintures
extraordinaires qui menacent de disparaître sans autre protection que celle des guides qui font, ou non, visiter les parties réservées du palais, réservant les plus belles oeuvres.
Nous y vivrons aussi notre quart d'heure de gloire familiale, en étant brièvement interviewés par un journaliste du quotidien local, et nous serons interpellés le lendemain dans la rue par un
monsieur qui nous reconnaît sur la photo du journal ! Trop forts. Le seul truc c'est que la légende sous la photo est en hindi et que nous n'arrivons pas à savoir si c'est écrit ou non "les
couillons de la semaine"...
Passage par le temple Jain de Ranakpur,
incroyable de dentelles de pierre, de marbre,
et de tranquillité blanche. Le grand prêtre du
temple nous accueille, nous l'avons retrouvé,
oui c'est bien lui, Paco Rabanne a migré en Inde.
Passage par la ville forteresse de Chittorgah,
incroyable par son organisation et sa concentration
de tours sculptées, de réservoirs sacrés (et crasseux).
Là encore, nous sommes l'attraction des touristes indiens,
photos de groupe et Judith ne touchant plus le sol, mais
toujours avec une infinie gentillesse.
D'ailleurs, je fais ce voyage en tant que "maman" et non en tant que
"femme" et c'est bien plus agréable, à en croire 2 routardes
françaises qui voyagent seules et que nous croisons. Elles
semblent en avoir un peu assez du harcèlement permanent
à leur encontre, de la part des mâles indiens.
5ème étape : Jaïpur la ville rose
Le palais des vents, la ville intégralement repeinte en rose pour la visiste
d'un roi d'Angleterre...c'est là.
Très belle ville, et grosse exploitation touristique pour la visite du palais. On fait un tour en éléphant, et la visite du palais reste un grand moment d'agacement provenant du guide.
Mais c'est beau et ça fait tout endurer. Là encore grosse chaleur, surtout pour visiter le City palace et l'observatoire à ciel ouvert du Maharadjah. Espèce d'endroit surréaliste où un
Maharadjah éclairé a voulu se faire les plus gros et plus précis cadrans solaires du monde...les constellations détaillées au sol. Sans la présence du guide, impossible à comprendre. La visite du
City palace reste gravée dans l'esprit des filles par l'anecdote du Maharadjah le plus gros du monde, qui s'envoyait gaiement 5 litres de lait et autant de sucre tous les matins...pendant que son
épouse grignotait des graines séchées (pour l'équilibre sans doute). Hilarité générale devant le pantalon dudit ogre.
C'est aussi à Jaïpur que nous jouerons les nababs en dévalisant un magasin de tissus, dessus de lit en soie brodée pour toute la famille, voiles de saris pour les ciels de lit des petites
chéries, tenues penjabies pour Maylis et moi...bref lâchage sur le shopping.
Nous ferons aussi l'expédition Cinéma pour aller dans le Grand Rex local, un immense cinéma kitchissime, pour aller y voir un bon Bollywood (sauce Britney spears...tout de même ça se modernise),
auquel nous ne comprenons pas grand-chose (c'est en hindi non sous-titré), mais on se marre bien du spectacle sur l'écran et dans la salle (bébés en bas âge, bouffe, portables allumés, cris de
joie à l'arrivée de femmes dénudées sur l'écran...). Bref, au bout d'1h30 Etienne et moi on souhaite décamper à l'entracte, mais les filles veulent rester "des fois qu'on comprenne plus à la
deuxième partie"...sympa tout de même cette virée cinoche. J'ai tout de même fait la queue dans la file des femmes pour acheter les billets...pas gagnée la condition de la femme dans ce pays.
6ème étape : Samode palace
Là c'est un petit arrêt
purement luxueux, histoire d'aller dormir une nuit dans l'un des plus beaux palaces du coin.
Bon c'est hors saison, et la piscine incroyable que l'on voit sur les guides, est en réfections, mais bon il reste de splendides salles, une piscine design sur le toit en attendant...on est
toujours les nababs du coin. Ballade en promène couillon local, la carriole à dromadaire à travers le village sous le regard gentiment narquois des habitants.
Passage par la ville incroyable de Fatephur Sikri
,
construite par l'empereur moghol Akbar. Elle n'a servi que quelques année, avant que les puits du coin ne se tarissent...pas de bol. Du coup , elle est en parfait état avec ses mosquées et
jardins suspendus. Sublime, mais là, la pression commerciale sur le touriste est très très pesante.
7ème étape : Agra et le Taj Mahal
Un seul mot : sublime. Même si c'est attendu, ce monument est réellement le plus beau paradoxe que je connaisse.
Massif et léger, symétrique sans jamais être ennuyeux, dépouillé et richement décoré (voir de près les ornementations florales de pierres semi-précieuses.
Nous le visiterons avec les filles à l'aube, loin de la moiteur et de la foule. Que du bonheur.
Seul regret, nous ne pourrons pas prendre les doudous en photos devant le Taj Mahal, étant des représentations "vivantes" et jouets de surcroît, nous ne sommes pas autorisés à les emmener sur le
site (nous avons beau argumenter qu'ils sont une part intégrante de la famille, rien n'y fait).
Agra est aussi un sas de "recompression " avant de rentrer, nous faisons une pause dans les visites (les filles saturent) et profitons de l'hotel avec sa piscine, son club enfant, sa connexion
internet (vite mise à jour du site) et ses centres de shopping (tout à pas cher), et son Mac Do (et oui le Mac Maharadjah est excellent).
8ème et dernière étape : Delhi
Mais alors rapidement, car il pleut un peu, nous y voyons quelques images nous évoquant la mousson d'enfants se baignant avec délectation dans les mares des caniveaux. La moiteur est toujours là
mais plus respirable, le ciel est bas et blanc. Les filles n'en peuvent décidément plus des visites ni du poulet tikka+riz blanc, et nous finalement, on sera content de retrouver la famille. Il
est temps de rentrer en France.
Voilà l'accueil franchouillard que nous a réservé notre Papou national à notre descente d'avion :
Ce voyage prend fin et nous sommes déjà nostalgiques de ce temps privilégié en famille à ne rien faire d'autre que d'ouvrir nos yeux, que de passer du bon temps ensemble. Mais pour le retour,
rien de quoi pleurer, les filles et moi allons passer du temps en famille dans le nord sur de belles plages avec Papou et Mamoune, puis dans le sud au bord d'une piscine avec mon frère, sa douce
famille et moman (qui n'en peut plus de retrouver sa marmaille), pendant qu'Etienne va aller bosser et festoyer aux JO de Pékin.
Ce que nous retiendrons de ce tour du monde, outre une ouverture à d'autres modes de vie, à la vie en cercle fermé avec nos poussins, c'est que voyager avec les enfants n'est pas un
problème. Ils s'adaptent plus vite que nous en fin de compte. Cela nous donne envie de remettre ça au plus vite...euh, juste le temps de reconstituer un pécul "voyage".
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